Le paradis est si réel, de Choo Thomas Critique du livre et analyse des révélations

Le livre « Le paradis est si réel » de Choo Thomas raconte principalement des visions du paradis, que l’auteur déclare avoir reçues de Jésus. Ce dernier lui aurait fait un certain nombre de révélations  importantes et l’aurait chargée de plusieurs messages.

Ce livre, publié en 2003 et préfacé par le Dr David Yonggi Cho, est présenté par l’éditeur comme un best-seller mondial. Sa lecture fait pourtant naître un certain nombre de réticences et d’objections, qui sont répertoriées dans cet article, afin de permettre au lecteur de dépasser le cadre d’une lecture rapide, qui ne stimule que l’émotionnel. Il est vrai qu’au premier niveau « Le paradis est si réel » donne tous les gages d’une communication céleste : beaucoup de bonnes choses émergent à la surface de ce témoignage, d’encouragements à ce que, par exemple, chacun prêche la Parole, se convertisse et se purifie. Le retour du Seigneur y est affirmé (p55) et sa proximité par rapport à nous. La valeur du sang de Jésus y est réaffirmée (p56) comme rédemption du péché de tous ses enfants. Le manque de foi des enfants de Dieu est déploré par celui qui se présente comme le Seigneur Jésus (p57) et il est rappelé que prêcher l’Évangile est ce qu’il y a de plus important (p93). La Bible est mise en avant, et honorée, ce qui donne un sentiment positif (P97).

Mais il se glisse également des affirmations qui, à l’examen, se révèlent bibliquement infondées, venant de celle qui se présente comme « une prophétesse de la fin des temps » (p201), prétendant apporter des révélations du même niveau que celles de l’Apocalypse (P163). Pire : certaines de ces affirmations sujettes à caution émanent de celui qui se présente comme Jésus, ce qui altère singulièrement la crédibilité de l’ensemble. Le lecteur jugera.

 

Une question importante

Pourquoi émettre des objections à l’égard d’un livre qui annonce des vérités aussi importantes que l’existence de Dieu et du paradis ? Qui sommes-nous pour juger et critiquer des déclarations célestes, prononcées semble-t-il par Jésus lui-même ? N’encourons-nous pas un jugement — celui du blasphème contre le Saint-Esprit — en nous prononçant contre des déclarations présentées comme divines ?

 

La réponse biblique

À la page 149 (ainsi que dans plusieurs autres passages) le Jésus de Choo Thomas dit à propos du livre-témoignage qu’il demande à l’auteur d’écrire : « Je veux que mes enfants le lisent … il exposera toutes mes paroles et le royaume que j’ai préparé … ».

En dépit de ces déclarations qui sont faites pour servir d’attestations d’authenticité spirituelles, soit auto-descernées, soit supposément délivrées par Dieu lui-même — et donc des invitations à tout accepter avec confiance nous avons le devoir et la responsabilité d’éprouver toutes choses[1], afin de vérifier si elles viennent bien de Dieu, en les confrontant à la somme de révélations divines contenues dans les Écritures. Et s’il se trouve des contradictions ou des divergences notables entre le Jésus biblique et le Jésus de Choo Thomas, alors nous aurons la liberté (et le devoir) d’émettre des réserves légitimes et d’avertir chacun de ne retenir que ce qui est bon[2], ce qui implique d’être prêt à procéder à un tri (et non à tout accepter aveuglément).

Or, la configuration du livre de Choo Thomas ne favorise pas le libre exercice du discernement : il l’inhibe, au contraire, en poussant le lecteur à considérer (inconsciemment) que puisque Dieu parle, tout est vrai. Ce qui est écrit est donc « comme » la Parole de Dieu, d’une manière plus ou moins revendiquée. Cette configuration est idéale pour favoriser la transmission et l’implantation de tout ce qu’on veut, du meilleur jusqu’au pire.

 

Déclarations suspectes, douteuses, ou fausses

 

Le paradis de Choo Thomas dans ses détails et ses contradictions

P120-121 : « …Nous nous sommes approchés de l’une des maisons. Elle avait un portail à deux battants bordé d’or et elle était entourée de vitraux. Je remarquais particulièrement la poignée d’or pur ! En entrant dans la demeure, je constatai que toutes les fenêtres étaient ornées de vitraux. Le sol était couvert d’un tapis aux teintes pastels qui conféraient à cet intérieur un aspect très classique. Les joyaux qui ornaient les murs brillaient de mille feux. J’avais l’impression d’entrer dans un tableau, et non dans une véritable maison ! Je gravis l’escalier doré dont la rampe était sculptée. En haut des marches, j’entrai dans une chambre au lit plus imposant et plus large que ceux des rois de la terre. J’en fis le tour, puis je pénétrai dans un vestiaire paré d’or et de pierres précieuses sur tous les murs, sauf un, qui était couvert d’un immense miroir reflétant la beauté stupéfiante du décor ».

Commentaire : La vision du paradis proposée par Choo Thomas est décrite avec force détails, qui dépeignent un monde paradisiaque très proche de la vie terrestre, mais en mieux. La part de mystère de découverte des lieux célestes en souffre, car il ne s’agit ici que d’une sublimation du connu, c’est-à-dire que le céleste nous est décrit par le terrestre, ce qui est une bonne définition de l’anthropomorphisme. À la manière des peintures religieuses de la grande époque des arts catholiques, Choo Thomas décrit une vision baroque[3] du paradis, de l’éternité et de Jésus.

 

P92 : « …Le miroir de la coiffeuse était aussi entouré d’une frise de pierres bleues qui soulignaient son éclat, et dans la salle de bains, une baignoire argentée était décorée de pierres précieuses de toutes les couleurs. »

Commentaire : Difficile de résister ici à l’ironie … certains pensaient peut-être benoîtement que les souillures n’existeraient plus dans l’éternité, il n’en est rien. La présence d’une baignoire nous indique qu’il faudra continuer de se laver : c’est une info indirecte, certes, mais non des moindres.

 

P128 Les poissons

Nous avons marché longtemps, puis nous avons vu un pittoresque pont en bois rouge. Lorsque nous l’avons franchi, j’ai baissé les yeux et j’ai constaté que l’eau était remplie de poissons de diverses espèces. « À quoi sont destinés tous ces poissons ? » demandais-je. « C’est de la nourriture pour le royaume », me répondit le Seigneur. Je fus ravie d’apprendre qu’au paradis, nous mangerons des fruits et du poisson. Le fait que ce soient les aliments de base là-haut sous-entend que nous devrions en consommer davantage sur la terre. J’ai toujours considéré les poissons et les fruits comme des aliments très sains, et cette visite au paradis me l’a confirmé.

Commentaire : Les choses correspondent aux attentes (et aux habitudes) de Choo Thomas, qui nous apprend que nous pouvons d’ores et déjà nous préparer ici-bas à réformer notre alimentation : fruits et poissons; c’est le régime céleste, en quelque sorte. C’est une autre info d’importance : les Écritures semblaient nous permettre d’espérer que nous serions changés et que les conditions d’existence seraient différentes dans l’éternité[4], il n’en est rien, encore une fois.

 

P129 La cuisine

Ensuite, je l’accompagnais dans les rochers, et je remarquai de nombreux sites de cuisson ainsi que des fours argentés, encastrés dans la roche. Au-dessus, des grills de cuisson étaient entreposés, avec des assiettes ovales et des fourchettes en argent. Le Seigneur pressa simplement un bouton situé sur le côté du four, et celui-ci commença à chauffer.

Il se transforma aussitôt en cuisinier, devant moi … Le Seigneur me regarda consommer avec joie mon repas céleste. Lorsque nous avons fini de manger, il a pris mon assiette et ma fourchette et il les a mis dans une bassine argentée. Puis il me dit : « comme tu le vois ma fille, j’ai tout préparé pour mes enfants ».

Commentaire : Plusieurs nouvelles importantes, à commencer par la présence de fours électriques (ou à énergie propre, doit-on sans doute supposer) et la confirmation de la nécessité … de se nourrir. Ce qui entraîne la nécessité … de faire la vaisselle, sauf erreur, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. À moins que l’existence de fours permette d’espérer qu’on trouve aussi des laves-vaisselle, mais la présence de cette bassine argentée nous plonge dans un abîme de circonspection.

 

« … Puis nous sommes retournés sur la route et nous sommes rentrés dans l’édifice blanc où nous nous changeons toujours. Un ange m’a conduite au vestiaire, et j’ai mis une belle robe et une couronne. Le Seigneur m’attendait ».

Commentaire : Une belle robe, une couronne, et Choo Thomas peut se présenter devant Dieu. La mise et les toilettes sont aussi importantes dans le ciel que sur la terre.

 

P130 : « Dis à tout le monde qu’il y a beaucoup à manger dans mon royaume. Ici, tout a bien meilleur goût que les nourritures terrestres ! Aimes-tu le poisson ?

Commentaire : le Jésus de Choo Thomas lui a servi du poisson à la page 128 et voilà qu’il lui demande si elle aime le poisson… C’est bien le moment de poser la question ! Ce Jésus est un peu distrait, à moins que la retranscription de ces épisodes célestes soit un peu compliquée à replacer dans l’ordre chronologique. Après tout, dans l’éternité, peu importe ce qui s’est passé hier !

 

 

P132 : « Je vis quelque chose bouger dans les champs remplis de ce qui semblait être du blé et je m’aperçus que la vallée était pleine de bétail qui ressemblait beaucoup à nos vaches terrestres. « Écris ceci, Choo Nam. Je veux que mes enfants sachent ce qui les attend au paradis. Je sais que beaucoup d’entre eux se posent des questions à ce sujet. Certains se demandant si on y trouvera de la nourriture à manger ».

Commentaire : Le Jésus de Choo Thomas cherche à rassurer tout le monde, afin que ceux qui s’inquièteraient à propos de la nourriture (dans l’éternité) se préparent … à ne rien changer ! Le problème, c’est que s’il y a de la vache, il y aura de la viande. Et s’il y a de la viande, il y a la mort. Pourtant, à la page 137, Choo Thomas déclare que la mort n’existe pas dans le paradis. Pas pour tout le monde, visiblement ! Les prophéties bibliques semblaient pourtant nous rassurer au sujet de ce côté carnassier de la création[5], mais pas la vision présente du paradis. Dommage.

 

P133 « Le Seigneur me fit entrer dans une des maisons. Elle était très différente des manoirs et des châteaux que nous avions visité auparavant. Son intérieur était assez simple, ses couleurs sobres. « Ce sont des maisons de plage pour mes enfants », expliqua le Seigneur. C’était stupéfiant ! Nous aurions donc des maisons de plage au paradis ! oui, Dieu veut vraiment que ses enfants soient heureux et jouissent éternellement de ces plaisirs ».

Stupéfiant, c’est bien le mot.

 

Un détail anecdotique parmi d’autres

P84 : Jésus tient à présenter le patriarche Abraham à Choo Thomas : « Abraham était quelqu’un de digne, avec de longs cheveux blancs et une barbe flottante couleur de neige. Même s’il semblait âgé, ses yeux pétillaient de jeunesse et de joie ».

Commentaire : Dans différents endroits de son livre, (P45, 90 et 98, et dans d’autres encore) Choo Thomas explique qu’au paradis, elle bénéficie d’un corps jeune, elle rajeunit et évolue dans une beauté et une jeunesse éternelle … alors que le pauvre Abraham semble, lui, éternellement vieux ! C’est bien dommage pour lui.

 

Plus grave : les expériences mystiques suspectes

Choo Thomas connaît un rituel « spirituel » très particulier, régulier, toujours le même, au travers duquel elle est mise en condition pour entrer en présence de celui qui se présente comme Jésus. Page 165, on en lit une courte description, que l’auteur tient à expliciter dans tous ses détails : « Le matin du 2 mai, j’eux un moment de prière exceptionnel. L’onction de Dieu sur moi fut plus prononcée que d’habitude et lorsque je terminai mon intercession, je tremblai de tous mes membres. Cela sembla ne jamais devoir s’arrêter ! Les grognements de mon esprit ressemblèrent à des convulsions internes. J’eus de la fièvre et je transpirai abondamment » … (p168), elle change de voix durant « l’onction » : « la voix que je prenais toujours lorsque j’avais des visions réapparut et resta en moi pendant longtemps ».

Commentaire : les manifestations décrites par Choo Thomas n’évoquent aucune des expériences  bibliques faites par les prophètes et les oints de l’Eternel. Bien au contraire, ces symptômes correspondent plutôt à des manifestations médiumniques qui amènent le corps en contact avec des forces spirituelles qui l’instrumentalisent.

À la page 182, l’auteur explique que durant ces expériences, elle perd le contrôle de sa personne : « Depuis 1995, cette onction a été si forte que je ne peux maîtriser ni mon tremblement, ni d’autres manifestations physiques ».

À la page 191, elle ajoute encore : « Au cours de ces moments sublimes, le Seigneur me parlait directement et personnellement, puis il entamait un travail préparatoire dans mon organisme. À ce moment-là, je n’avais plus aucun contrôle sur mon corps pendant deux à quatre heures … Souvent il me parlait pendant que mon corps tremblait violemment. Parfois il m’expliquait ce qu’il ferait la fois suivante, et lorsqu’il sentait que mon cœur contestait son plan, il me reprenait en m’ordonnant : « Obéis-moi ! » …

Celui qui se présente comme Jésus est entouré de démons :  « Lorsque les séances du soir ont commencé, j’ai vu des visages démoniaques tout autour de la pièce ; ils étaient répugnants et effrayants, mais ils ne me firent pas peur. Je les vis voleter derrière la tête du Seigneur, mais lorsque je les repoussai, ils disparurent instantanément ».

P193, perte de contrôle : « Lorsqu’il accomplissait son saint travail sur moi et avec moi, je n’avais plus aucun contrôle sur mes mains ni sur aucune partie de mon corps. Toutefois, à la suite de cela, je reçus une véritable force physique surnaturelle. Lorsque je prie pour les autres en leur imposant les mains, je tapote souvent leur tête ou leurs épaules, parce que la puissance du Saint-Esprit se déverse par moi. Lorsque je suis ointe, personne ne peut retenir mes mains, parce qu’elles s’agitent rapidement sous la puissance du Saint-Esprit ».

P195, symptômes bien connus de catalepsie et de lévitation : « Parfois, lorsque le Seigneur travaillait dans mon organisme et mes mains, tout mon corps devenait noir et froid [6]. Au début, cela me surprenait et me terrifiait, mais la présence du Seigneur balayait toutes mes craintes. D’autres fois …tout mon corps devenait invisible …Au cours de certaines de ces séances, le Seigneur élevait et abaissait mon corps. Sous son influence, mon organisme restait tout droit ou tournait sur lui-même … Bien des fois, il élevait et rabaissait mon corps quarante-neuf fois par nuit … La puissance du Saint-Esprit était si forte que, par moments, j’avais l’impression de perdre la tête ».

Commentaire : Choo Thomas présente des symptômes évidents de transes mystiques, accompagnées de manifestations non répertoriées par la Bible, mais bien connues des cercles de l’occultisme. La demande « de l’esprit » d’abandon total de l’ensemble de la personne, revient à employer le mot de possession consentie. La présence d’une autre voix intérieure vient étayer cette hypothèse, qui fait rapprocher ce cas d’une situation mystique/spirite très poussée, probablement guidée par un esprit religieux qui évoluerait ici aux confins de la vérité, probablement aux fins de semer dans les cœurs un levain mauvais. Il est bon de rappeler ce verset de la 2è épître de Paul aux Corinthiens (11/14) : « Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière ».

Sur de telles bases, il ne serait pas surprenant que Choo Thomas manifeste, à l’avenir, d’autres signes et prodiges mensongers, comme les stigmates par exemple.

Elle raconte avoir été l’objet de trente-trois déblocages physiques particuliers, véritable initiation épuisante durant laquelle « Jésus » la prive de sommeil, lui impose des exercices éreintants (page 198) : « Après dix jours de repos, le Seigneur s’est mis à travailler dans mon organisme de nombreuses façons différentes, comme s’il libérait un potentiel dans mon corps. Par exemple, lorsque j’étais couchée, il me faisait asseoir, ou il me tirait de mon lit pour me mettre debout. Tout cela s’effectuait par la puissance du Saint-Esprit et non de mon propre chef. Tout ce travail corporel inhabituel m’épuisant, parce que cela faisait se lever et s’agenouiller mon corps devant lui sept fois d’affilée, à maintes reprises. Je sanglotais pendant tout le processus, car cette œuvre dans ma vie était éreintante et humiliante. Parfois, j’étais tellement épuisée que je n’en pouvais plus. »

 

Après le déblocage de son « trente-troisième verrou[7] », Choo Thomas reçoit la visite de Celui qui se fait appeler Jésus (p203) : « Il tenait une boule d’or réhaussée de pierres précieuses … puis il la plaça dans sa main droite et il dit « je vais mettre cette onction sur ta tête ». Lorsqu’il ouvrit la boule, il en sortit une fumée, qu’il répandit sur moi …Après cela, il me montra tout l’océan et le monde entier, et il déclara : « Le monde est à toi. »

Commentaire : Tout cela ressemble vraiment à un rite initiatique, aux antipodes du baptême du Saint-Esprit biblique. On imagine mal les douze disciples passant par de telles « préparations », avant d’entrer dans leur ministère.

Un jour, Choo Thomas interroge celui qui dit être Jésus : « Pourquoi m’as-tu choisie, Seigneur ? ». Il me répondait clairement : « Parce que tu es très malléable » (211).

Commentaire : C’est dans cette sorte de dialogue que jaillissent des éclairs de vérité, dans une certaine naïveté de l’auteur. Il est effectivement nécessaire de trouver un sujet qui s’abandonne et qui accepte tout sans poser de questions. Nous sommes alors davantage dans un statut de médium que dans un statut de prophétesse…

 

« Révélations » sur les conditions du Salut

P47 : « Ma fille, nous sommes allés dans le royaume … seuls, mes enfants obéissants et au cœur pur  s’y rendront » ;

P48 « le Seigneur ajouta : ceux qui ne donnent pas leur dîme sont des enfants désobéissants »

Commentaire : de manière allusive, on relie ici le salut à la nécessité de donner sa dîme. Cet enseignement sera rappelé avec insistance (p247). Ici, celui qui se présente comme étant Jésus donne les critères d’acceptation au paradis, qui sont : « le cœur pur et obéissant » ; et à la page suivante, il annonce que le fait de ne pas donner sa dîme fait tomber sous le coup de la désobéissance … donc, par association d’idée, nous sommes amenés à penser que ceux qui ne donnent pas leur dîme n’iront pas au paradis. La citation de la page 161 est très explicite : « Tout chrétien qui ne donne pas la dîme ne peut pas être béni, parce qu’il aime l’argent plus que ma parole. Ceux qui entrent dans cette catégorie ne verront jamais mon royaume. Tu sais déjà où ils iront à la fin »…

Le sous-entendu final résonne comme une menace éternelle … Ce raccourci peut raisonnablement être qualifié (au mieux) de suspect et très simpliste. Au pire, il est tout simplement faux, destiné sans doute à égarer ceux qui y croiront et à les éloigner de la révélation de l’Évangile.

Chacun convient de l’importance de donner, que cet acte soit appelé « la dîme » ou « l’entraide » ou « la participation à l’œuvre de Dieu » ou des « offrandes ». Mais le Jésus de Choo Thomas est bien différent de celui des évangiles, lui qui avait montré que ni la dîme, ni l’observance de la Loi, ne sauvent, mais plutôt la foi en son sacrifice. Intégrer l’obéissance à la dîme au même niveau que la reconnaissance du sacrifice de Christ est une nouveauté dont la Bible ne fait pas état. De plus, la nouvelle alliance ne demande pas la dîme, mais la totalité[8] de ce que nous sommes.

On commence donc ici à percevoir une influence, et c’est davantage de celle de Choo Thomas dont il s’agit, et de « son » christianisme, qui repose visiblement sur certaines doctrines d’églises, doctrines dénominationnelles, lesquelles se retrouvent dans la bouche de « son » Jésus. Cela pose un sérieux problème de crédibilité à propos de la véracité de l’ensemble de ce témoignage.

 

« Révélations » sur la perte du salut

p. 78, Choo Thomas découvre que sa mère est en enfer, et elle s’y trouve car elle « ignorait tout du Seigneur, car personne ne lui avait jamais annoncé ». Le Jésus de Choo Thomas reviendra sur ce thème dans un autre passage du livre.

L’affirmation contenue ici pose la question du Salut, de la perdition, et plus largement de la Justice de Dieu : le Jésus de Choo Thomas nous apprend que la perdition est également réservée à ceux qui ont vécu dans l’ignorance de l’existence d’un Salut. C’est un peu comme si nous disions à un homme qui n’a pas de femme qu’il est coupable de ne pas avoir d’enfants. La Bible développe une vision du Salut qui repose sur Christ, son œuvre, son autorité, et ce salut est reçu par la foi pour ceux qui croient dans son sacrifice substitutif. Il nous est clairement annoncé également que les hommes seront jugés selon leurs œuvres[9], ce qui permet de penser que le Juste Juge appréciera Justement les vies de chacun. Une doctrine excessive voudrait que les hommes qui n’ont pas reconnu Christ soient tous perdus par le fait même. Mais cette doctrine est fausse, rendue caduque par les deux versets cités ici. La présentation de la justice de Dieu qui est faite par le livre de Choo Thomas est religieuse, asservie à un dogme dénominationnel qui rapproche de l’obscurantisme.

 

« Révélations » sur les problèmes de foi des chrétiens

P29 « il m’a montré (Jésus) que beaucoup de croyants sont, en réalité, des athées notoires qui ne croient pas vraiment à l’existence du paradis »

Commentaire : L’enjeu du livre est clairement la foi dans le paradis ; on relie ici l’athéisme (mot très fort, qui va beaucoup plus loin que l’incrédulité) avec la contestation de l’existence du paradis. Ne pas croire que le paradis existe ramènerait le croyant au rang d’athée. Il s’agit encore là d’un raccourci sévère, dont l’esprit est davantage proche du légalisme que de l’amour de la vérité. Bien des croyants des temps passés sont morts sans connaître certaines révélations, souvent parce que Dieu les tenait en réserve pour des temps futurs : sont-ils pour autant privés de l’éternité ? Il est difficile d’adhérer à une telle vision des choses, qui ne résiste pas à une réflexion approfondie. Elle ressemble davantage à une conception humaine étroite et limitée.

 

« Révélations » sur les manifestations et onctions spirituelles

P27 : « l’onction du Saint-Esprit fait chanter, parler en langues, et rire » ; P40-41 : « Dans certains cercles, ce phénomène est appelé « le saint rire ». Je peux dire sans aucune réserve que, je le sais, c’est une manifestation de la présence du Seigneur ».

Commentaire : Les exemples bibliques manquent cruellement à ceux qui veulent à tout prix sacraliser une onction divine qui fait rire. Nous ne contestons pas qu’il existe une onction qui provoque le rire, et nous ne contestons pas qu’elle soit spirituelle, mais nous contestons qu’elle soit d’origine divine. Que ceux qui expérimentent cette onction continuent de s’y livrer en choisissant de croire qu’elle est divine, en dépit du fait qu’elle n’est pas validée par les Écritures : c’est leur choix. Mais cela n’authentifiera jamais bibliquement la chose. Le rire « dans l’esprit », comme l’exhalaison de parfums, sont des manifestations bien connues des spirites et gourous orientaux[10]. Singulièrement, la Bible encourage à pleurer, mais jamais à rire[11]. Cette « attestation spirituelle de l’origine divine du rire dans l’Esprit » est donc une tentative d’authentification en bonne et due forme, qui pèche par la pauvreté de sa confirmation scripturaire. Il existe une grande différence entre le surnaturel et le merveilleux. La recrudescence de signes surnaturels est prophétisée par la Bible, qui les attribue à la puissance de satan[12], et non pas à Dieu — ce que beaucoup de chrétiens semblent oublier. Les signes qui accompagneront ceux qui auront cru sont clairement décrits par Jésus lui-même, et le christianisme de la fin des temps semble se satisfaire quant à lui de signes qui ne sont que des nuées sans eau (qui ne servent à rien et ne changent pas les cœurs).

 

Preuve de supercherie

À la page 196, Choo Thomas décrit plusieurs apparitions au cours de veilles de Noël : « Lorsque le Seigneur me rend visite, il porte généralement une robe blanche, mais au cours des veilles des Noëls 1996, 97, 98, 99, 2000, 01 et 02, il a revêtu une somptueuse tunique et une superbe couronne. Celle-ci était en or, et des pierres précieuses multicolores y étaient enchâssées. Sa tunique rouge était bordée d’or. « Seigneur, pourquoi portes-tu une si belle tunique et une couronne ? ». « Ma fille, c’est mon anniversaire ! », répond-il en souriant ».

Commentaire : Même le ridicule n’a pas éveillé les soupçons du préfaceur, le Dr David Yonggi Cho, pas plus que ceux des éditeurs, ou des vendeurs de livres chrétiens ! Voilà que le Jésus de Choo Thomas se présente à elle le soir du 24 décembre — dont nous savons avec la certitude historique la plus absolue qu’elle n’est pas sa date de naissance — pour nous déclarer avec un sourire béat que … c’est le jour de son anniversaire ! On touche ici à un point qui, s’il est relevé, peut faire vaciller l’ensemble de cet édifice. Si encore il avait pris soin de nous dire « c’est mon anniversaire … dans votre culture religieuse », la chose aurait peut-être pu passer. Et encore : il aurait fallu admettre qu’il avait fait le choix d’entretenir une confusion religieuse plutôt que de l’éclairer de la lumière de la vérité… Ici, le lecteur est entraîné dans des considérations religieuses — et pire : des pratiques — qui doivent être clairement réprouvées. Ce Jésus ne peut pas être le Jésus de la Bible.

 

« Révélations, chiffres et prophéties invérifiables »

- Anges : à la page 205, nous trouvons une description faite par celui qui se présente comme Jésus, à propos de l’archange Michel : « Michel est un très bel ange. Il mesure plus de deux mètres, il pèse cent cinquante kilos, il a des yeux bleus et des cheveux blonds ».

On s’interroge sur l’utilité de ces détails

 

- Le caractère de Jésus (p209) : « Beaucoup de gens s’imaginent que le Seigneur est très strict, mais pour moi, il est quelqu’un de gentil, plein d’humour, compréhensif, patient, aimant et compatissant. Il me parle toujours tendrement, sauf quand je remet en question quelque chose qu’il me demande de faire. Alors il se fâche contre moi. J’ai appris qu’il n’aime ni les remises en question, ni les lamentations … »

Jésus est très sympa, mais il y a certaines questions qu’il ne faut pas poser.

 

- L’état du christianisme (p210) : « Il m’a expliqué que seuls, vingt pour cent des chrétiens lui sont agréables …Il a dit aussi que ce livre serait un instument de salut pour des millions d’âmes ».

Sans commentaire

 

- Le salut des enfants : à la page 281, l’auteur précise « il faut que les femmes qui se sont faites avorter ou dont les enfants sont morts avant l’âge de sept ans[13] sachent que leurs petits sont tous auprès de Jésus dans son royaume. Que les parents des enfants soient croyants ou non, ils sont tous avec Jésus. »

Voir note 13

 

- Le sexe des anges : à la page 282, Choo Thomas écrit «  Il y a environ deux ans, en allant me garer au parking d’une grand centre commercial, j’ai fait des expériences avec deux anges différents, l’un de sexe masculin, l’autre de sexe féminin ».

 

Aveu de fragilité

Choo Thomas a vraisemblablement été en bute à de nombreuses oppositions et elle cherche à légitimer son message. À la page 172, elle dit : « Je sais que certains éprouveront quelques difficultés à comprendre comment on peut faire des expériences telles que celle que j’ai eu le privilège de vivre. Ils objecteront : « Ce n’est pas dans la Bible ! ». Mais en réalité, la plupart des points que Dieu m’a montré sont rapportés dans la Bible… » . Ailleurs, page186, le ton est plus pressant et l’argumentaire plus affirmatif :  « Tout ce que le Seigneur m’a dit et montré est vrai. C’est parfaitement biblique ».

L’auteur est elle-même partagée entre certaines de ses expériences : tantôt elle est consciente d’évoluer dans un cadre subjectif non-biblique, tantôt elle cherche à légitimer l’ensemble de son histoire – et donc des déclarations spirituelles de « son » Jésus.

 

Conclusion

Les lecteurs en diagonale n’y verront que du feu, mais pour les autres, il apparaît que ce livre est un mélange de parties douteuses et de déclarations conformes à la Bible, ce qui rend difficile le jugement spirituel que nous sommes appelés à exercer[14]. Ce qui est certain, c’est que la prétention à l’infaillibilité, revendiquée par l’auteur, est sérieusement remise en question, ce qui altère, par conséquent, l’autorité de celui qui se présente comme Jésus.

« Le paradis est si réel » entraîne le lecteur dans des zones de « révélations » inexplorées, sur lesquelles la Bible a laissé un voile, mais que Choo Thomas prétend nous révéler. Il faut se souvenir en effet que lorsque le Saint-Esprit entraîna l’apôtre Paul jusqu’au « troisième ciel », il lui fut révélé des choses … qu’il ne lui fut pas permis de répéter[15]. Il emploie le mot « ineffable » pour qualifier ce qu’il a vu et entendu, et ce qualificatif n’est malheureusement pas applicable aux « révélations » de Choo Thomas …

 

Les visions du paradis que Choo Thomas propose ressemblent à des idéalisations terrestres, sortes de peintures naïves qui n’évoquent rien que de très humain.

Pour un certain nombre de raisons qui ont été rassemblées ici, nous pouvons nous estimer fondés à déconseiller la lecture de ce livre, qui contient des ferments dangeureux. Il valide incontestablement beaucoup de symptômes occultes, qu’il fait passer pour des manifestations spirituelles divines. Inconsciemment, il pourrait préparer les esprits (surtout en orient, là où cette mentalité est plus répandue) à accepter certaines voies qui seront bientôt proposées à grande échelle (soaking, auto hypnose, transes …).

 

On pourrait penser que la multiplication de visions du ciel et de l’éternité représente un apport positif pour la connaissance de Dieu ; mais il est important de replacer ces choses dans un contexte spirituellement réaliste : il faut noter que dans le même temps où apparaissent des signes de cette nature, nous voyons disparaître de plus en plus les signes bibliques originels. Les manifestations qui se prétendent relever de la puissance de Dieu (onctions de ceci ou de cela, révélations du paradis, rires, poudres d’or, danses « spirituelles », folklores judaïsants, ballets de bannières, etc), ne relèvent finalement que du domaine de la cosmétique spirituelle. Rien de tout cela ne change les vies. Il faut le reconnaître : la puissance de Dieu appelée « la grande » se tient loin d’un christianisme en pleine apostasie, qui enregistre une baisse sévère (voire même une absence) des signes qui accompagnaient ceux qui, jadis, croyaient en Jésus-Christ : en son nom, ils guérissaient les malades, chassaient les démons, etc.

Ce livre continue de faire des émules, principalement parce qu’il continue d’être commercialisé par les plus grands éditeurs chrétiens du moment. C’est un produit qui se vend bien ! Mais il contient un poison insidieux, ce qui fera peser sur toute la chaîne de distribution de ces impuretés une lourde responsabilité spirituelle. À écarter comme profane.

 

Jérôme Prekel/Le Sarment/05/2011

www.lesarment.com


[1] 1 Jean 4/1 : « Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde ».

[2] 1 Thessalonniciens 5/21 : « ne méprisez pas les prophéties, mais éprouvez toutes choses, retenez ce qui est bon »

[3] La popularité et le succès du baroque sont encouragés par l’Église catholique romaine quand elle décide que le côté théâtral du style des artistes du baroque pouvait promouvoir des thèmes religieux avec une implication directe et émotionnelle. C’est un art du catholicisme tel qu’il fut défini en 1545-1563 par le concile de Trente, dont le décret le plus significatif est le « Décret sur l’innovation et les reliques des saints, et sur les images saintes ». C’est donc une esthétique de la Contre-Réforme. Cette esthétique rencontre de fortes résistances dans les pays acquis à la Réforme, où se développe un art protestant. L’Angleterre reste très réfractaire, la France également (http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_baroque).

[4] Matthieu 22/29 : « Jésus leur répondit: Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel ».

[5] Esaïe 11/6 : « Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte; Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille », Esaïe 65/25 : « Le loup et l’agneau paîtront ensemble, Le lion, comme le boeuf, mangera de la paille, Et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte, Dit l’Eternel ».

[6] Symptôme surnaturel extérieur de mort, ou de processus mortel (gangrène par ex) : « En général, dans tous les types de gangrène, le premier symptôme est une perte de la sensibilité et de la mobilité. La zone atteinte devient froide, prend progressivement une coloration sombre et finalement, se nécrose » (Dictionnaire médical).

[7] Pourquoi ce nombre ? Dans les rites initiatiques de la loge écossaise de la franc-maçonnerie, il existe un trente-troisième niveau qu’il faut atteindre pour parvenir à la pleine connaissance…(L’Edifice, la bibliothèque maçonnique du net) http://www.ledifice.net/6026-3.html

[8] Romains 12/1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable » ; Luc 18/22 : « Jésus, ayant entendu cela, lui dit: Il te manque encore une chose: vends tout ce que tu as, distribue- le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis, viens, et suis-moi ».

[9] Apocalypse 20/12 : « Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres » , 2 Corinthiens 5/10 : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps.».

[10] Le célèbre médium Stanton Moses, par exemple, au cours de séances de spiritisme, exhalait des parfums, le fait ayant été à maintes reprises constaté et analysé sans aucun doute possible: aldéhydes, alcools, phénols. Quant au gourou Bhagwan Shree Rajneesh, il lui suffisait de paraître devant ses disciples préparés par des assistants et soigneusement conditionnés pour qu’ils commencent à pleurer et à rire d’une manière incontrôlable. Ils se mettaient à danser, à sauter, ou à tomber inconscients, par sa simple présence (http://www.lesarment.com/2007/11/difference-entre-surnaturel-et-merveilleux/).

[11] Jacques 4/9 : « Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse », Ecclésiaste 7/4 : « Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joiee.

[12] 2 Thessaloniciens 2/9 : « L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ».

[13] Croyance d’origine catholique, et adoptée dans l’église Réformée : « nous tenons que nul enfant mort avant l’âge de raison (7 ans) ne sera privé du bonheur éternel ». (Citation J.J Rousseau, Emile, tome 2). Le Catéchisme de l’Église catholique  § 1261 laisse entendre que les enfants morts sans baptême vont au ciel : « Quant aux enfants morts sans baptême, l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (cf. 1 Tm 2, 4), et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire :  » Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas  » (Mc 10, 14), nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême ».

[14] 1 Corinthiens 2/10 et 15 : « Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu »… « L’homme spirituel, au contraire, juge de tout ».

[15] 2 Corinthiens 12/2 : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). Et je sais que cet homme si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer ».

 

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