L'homme qui a marché sur l'eau

Le caractère indécis du combat de la foi appliquée au présent se voit particulièrement bien dans le cas de Pierre marchant sur les eaux. Pierre, parmi les disciples, était un pionnier de la foi, et il est intéressant d’observer son évolution. C’est Christ qui a d’abord soulevé le voile, lui montrant les possibilités inimaginables de la foi, lorsqu’il l’a incité à faire un essai en lui disant d’aller à pleine eau et jeter ses filets, une fois de plus, après qu’il eût passé une nuit sans rien prendre. Nous assistons alors à un moment de lutte de la foi : Pierre allait-il croire davantage à son opinion de pécheur expérimenté et à celle de ses compagnons de pêche sur la berge, ou à la parole de ce « Faiseur de miracles » ?
Il hésita, puis se lança : « Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre » – [...]

La voie royale

La vie dans l’Esprit doit nécessairement porter cette marque d’authenticité : que la nature de Dieu soit reproduite dans la personnalité qui lui est livrée, car se livrer ainsi implique une totale immersion dans l’Esprit de Dieu et une prise de possession par cet Esprit pour être rendu semblable à Lui, et Il est Dieu. La nature de Dieu présente une caractéristique essentielle : Il se donne totalement. Dieu se répand en un torrent éternel de bénédictions sur toute sa création. Il est la volonté éternelle de tout souverain bien. Il se retrouve en se perdant.
Or, si cet Esprit demeure en moi, il doit forcément m’orienter dans une direction semblable. L’Esprit qui a conduit le Sauveur au Calvaire pour le monde, et l’a « poussé » à s’offrir lui-même sans tache à Dieu ne peut que me pousser de la satisfaction de moi-même au don de moi-même, de la jouissance [...]

Stratégie de la foi

Considérez Josaphat, roi de Juda, attaqué soudain par une coalition d’ennemis : Ammonites, Edomites et Moabites qui arrivent sur lui à l’improviste. Il ne l’apprend que lorsqu’ils sont à dix lieues de la capitale. Le sens commun aurait suggéré : il faut mobiliser, se précipiter pour les arrêter ; cependant sans beaucoup d’espoir, car ils étaient en nombre bien supérieur et préparés au combat. Mais Josaphat connaissait le secret de la stratégie spirituelle : ne pas se précipiter au-dehors, mais au-dedans, aller vers le Commandant en Chef, mettre la chose au clair avec lui, prendre son point de vue et ses ordres.

Josaphat était homme ; il avait peur, nous dit le récit. Bon, c’est tout à fait normal et même, en fait, nécessaire car la crainte c’est de la foi à rebours ; or la foi, après avoir été portée à croire le pire, peut être retournée et croire le contraire. [...]