Un parfum de révolution(s)

La révolution de jasmin a surpris l’ensemble des observateurs et acteurs politiques de ce début 2011. Le jasmin blanc est la fleur emblématique de la Tunisie : en offrir est une preuve d’amour. Ce parfum, très connu dans le monde entier, est en train de s’exporter dans plusieurs pays arabes sous sa forme la plus enivrante, et ceux qui souffrent les mêmes souffrances que la Tunisie nourrissent l’espoir un peu fou de connaître les mêmes délivrances.

Bien que la victoire de la rue Tunisienne (dont elle fut la première surprise) soit encourageante et exaltante, elle ne signifie pas encore que la vie quotidienne va vraiment changer pour tous les acteurs de ce renversement de régime, à savoir pour tous ceux qui doivent vivre avec moins de deux dollars par jour, soit près de 20% de la population [1].

La dernière révolution populaire d’une société moyen-orientale ayant conduit à un changement de régime remonte à [...]

Combat contre le cancer/1

Voici onze mois que l’on a détecté mon cancer, onze mois de l’année qui, selon l’estimation de mon médecin, me restaient à passer ici-bas. Le pronostic médical n’a pas changé et le dernier examen a montré une nouvelle progression de la tumeur. Officiellement, l’avenir est sombre, et je m’habitue au fait que la plupart des gens me considèrent comme mourant, définitivement condamné. Je ne suis pas encore sorti d’affaire. Tout est question de foi.

C’est pourquoi j’écris ce livre à ce moment précis. Je ne jette pas un coup d’œil sur un épisode pénible de mon passé; les difficultés sont bien encore là. Je n’écris pas comme si je me sentais relativement en sécurité; je suis en plein combat, humainement parlant, sans réponse ni certitude, sans preuve de guérison — sans rien. Une seule chose est sûre : l’inconnu, que j’appréhende. Et cependant, en réalité, au fond, ma position n’est pas différente [...]

Combat contre le cancer/2

Quand on lutte avec le cancer et avec la mort, on risque de se trouver devant des virages inattendus. Un éclair de joie, au milieu de nuages sombres, qui semblaient annoncer un violent orage et se retirent soudain pour faire place au soleil et à l’espoir de la proche arrivée du printemps. Ou, au contraire, un ciel d’airain, lorsque notre foi et notre espoir plongent dans la fosse de la dépression.

Quand j’ai envoyé le manuscrit de ce livre, pour qu’il soit publié, je me sentais remarquablement bien, à part le mystérieux mal de dos qui me gênait depuis trois ou quatre mois. “Comme tu as l’air en pleine forme”, me disait-on presque partout. Et c’est ainsi que je me sentais. J’avais bon appétit, mon poids restait normal. Tout allait bien !

Brusquement tout changea.

Tout à la joie d’avoir repris le travail, surtout avec mon équipe, je me lançais, de toutes mes nouvelles [...]

On vit une époque formidable

On n’arrête pas le progrès : une firme californienne[1] vient de lancer des produits révolutionnaires pour le petit déjeuner : le pain Genèse 1/29® (aux graines germées[2]), et le pain Ezéchiel 4/9® (aux céréales complètes et grains germés[3]). Le ® (registred) signifie que la marque est déposée.

Le choix de ces deux noms commerciaux ne doit rien au hasard et s’inspire de deux passages bibliques dans lesquels Dieu lui-même (!) recommande aux hommes de manger des céréales (bio, évidemment).

“Et Dieu dit: Voici, je vous ai donné toute plante portant semence, qui est sur la face de toute la terre, et tout arbre dans lequel il y a un fruit d’arbre, portant semence; cela vous sera pour nourriture” (Genèse 1/29).

« Et toi, prends du froment, et de l’orge, et des fèves, et des lentilles, et du millet, et de l’épeautre; et tu les mettras dans un même vase, et tu t’en feras du pain… » [...]

Vœux : origine d’une pratique

La coutume de l’expression de vœux à l’occasion du changement d’année n’a que peu de choses à voir avec les exemples bibliques que nous connaissons, et qui émaillent les épîtres du Nouveau Testament[1].

Cette coutume est en fait d’origine païenne (une de plus !). Ce sont probablement les romains qui sont les inventeurs de cet usage, mais on dit que déjà, les égyptiens et les babyloniens pouvaient s’y livrer. La première allusion historique est rapportée par Symmachus, qui raconte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus. On se faisait des présents de figues, de dattes et de miel, pour ne se souhaiter que de l’agréable du doux et du sucré pendant le reste de l’année. Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l’année, et se donnaient des témoignages réciproques d’amitié : ils établirent des lois, et firent de ce jour-là [...]